Miroir églomisé : La technique de verre églomisé remonte à l’Antiquité et consiste à fixer une mince feuille d’or ou d’argent sous le verre. On retrouve cette technique pour les plaques de lumière.
Ciselure en reprise de fonte : Une fois l’objet désiré fondu, on retravaille la surface au ciselet (sorte de petit pic en métal que l’on positionne sur la pièce à ciseler et dont on frappe le dos avec un marteau) pour donner des effets de matière et ajouter des détails.

→ voir l’entrée ciseleur pour plus de précision.

Ciselure au repoussé : La ciselure au repoussé ou au trait permet de faire ressortir les détails de la pièce. A l’aide de ciselets, de différentes formes et tailles, que l’on frappe avec un marteau, on repousse le métal pour faire ressortir les reliefs. Lorsque la dorure est mince, la ciselure peut s’effectuer par simple pression d’un ciselet.

Ciselure au mat : La ciselure au mat permet d’imprimer sur la pièce en métal un motif (qui est celui de la tête au ciselet) en frappant le ciselet avec un marteau.

Dorure : Pour reprendre les termes de Gilles Perrault « Une dorure est une application d’or qui peut être faite sur du bois, du métal, du verre ou de la céramique. C’est également par extension une application de cuivre ou d’un autre métal imitant l’or, par exemple : une argenture recouverte d’un vernis jaune ». C’est un procédé ancien, dont certaines méthodes n’ont pas changé au fil du temps. Le traité Diversarum artium schedula, datant du XIIème siècle, présente ainsi une technique similaire à celle de l’Encyclopédie de Diderot et D’Alembert du XVIIIème siècle. Pour autant, si les méthodes anciennes sont toujours utilisées, de nouvelles sont venus enrichir le savoir-faire des doreurs. Six différents procédés de dorure (sur métal) existent. Notons que quelque-soi la méthode, la pièce est d’abord « nettoyée » à l’acide et à l’outil afin de la préparer à la dorure.

-La dorure au mercure (ou l’or moulu) : L’or est réduit en poudre puis mélangé avec du mercure (une part d’or pour huit de mercure). Le mélange est chauffé puis passé plusieurs fois à l’eau afin de le rendre entièrement liquide. L’objet à dorer, préalablement passé au grateau, est recouvert par cet amalgame à l’aide d’une brosse en laiton et d’un avivoir, puis chauffé pour faire évaporer le mercure et fixer l’or (la chaleur dilate le métal, ce qui permet à l’or de pénétrer). Après un nettoyage au mercure et à l’acide nitrique, l’opération est répétée jusqu’à obtenir l’épaisseur d’or souhaitée. La pièce est ensuite retravaillée par le doreur afin de créer des effets de matière (en polissant certaines parties et en travaillant au rifloir, au grattoir, au brunissoir, ou à la gougette les autres). Cette méthode permet une dorure d’une grande qualité, et résiste très bien aux assaut du temps. Néanmoins les vapeurs de mercure sont extrêmement toxiques. Aujourd’hui, seuls les chefs d’entreprises ont l’autorisation de la pratiquer.

-La dorure à la feuille d’or : Dans un premier temps le doreur prépare l’or sous forme de feuillets. Par la suite on peut effectuer la dorure à la feuille d’or soit au feu soit à la détrempe (méthode qui est la plus utilisée aujourd’hui).

Lorsque la première méthode est employée, l’objet à dorer est passé au grateau et au polissoir afin de préparer la surface, puis chauffé jusqu’à le métal bleuisse. On applique ensuite la première couche d’or que l’on ravale légèrement avec un polissoir, et que l’on met ensuite sur un feu doux. La dorure à la feuille se compose généralement de trois couches d’une feuille chacune (deux pour les pièces très ouvragées). Cette méthode donne une dorure moins résistante et moins propice aux finitions, mais est bien plus économique. La dorure d’or haché est aussi une dorure au feu à la feuille. La pièce à dorer est préalable haché, c’est-à-dire strié de hachures au moyen du couteau à hacher. Les hachures permettent de mieux faire adhérer l’or.

La seconde méthode, à la détrempe, consiste à appliquer une première matière liquide, que l’on appelle l’assiette (de l’huile, de la colle ou même uniquement de l’eau, parfois additionnés de pigments), en plusieurs couche, afin que la pièce à dorer adhère. Une fois la pièce passé une dernière fois à l’eau, on appose les feuilles d’or grâce à trois types de pinceaux : des pinceaux à mouiller, des pinceaux à ramender, et des pinceaux à mater. Le doreur utilise également un couteau, une palette et un bilboquet pour manier les feuillets d’or (le bilboquet est un instrument de bois sur lequel est attaché un morceau d’étoffe). Les pinceaux à mouiller servent à humidifier la surface, puis on dispose grâce à la palette ou au bilboquet (suivant la dimension) les feuilles d’or sur la surface. Les pinceaux à ramender servent à cacher les feuillets qui auraient pu se casser durant la manipulation en adjoignant des fragments de feuillets. La pièce est ensuite retravaillée par le doreur comme pour la méthode précédente, en la brunissant ou en la matant. Lorsque la pièce est destiné à un usage extérieur, la couche de feuille d’or est plus importante, et on ajoute un vernis protecteur sur la dorure.

– La dorure à l’électrolyse: Apparue en 1827, la dorure par dépôt électrolytique détrône rapidement les autres procédés car bien plus économique (le dépôt d’or peut être infime). L’objet à dorer, relié au pôle négatif, est placé dans une cuve remplie d’un liquide, l’électrolyte. L’or réduit en poudre est relié au pôle positif puis plongé également dans la cuve. Lorsque les électrodes sont branchées, l’or se dépose sur le bronze. Cette dorure est plus rougeâtre et plus uniforme que la dorure au mercure, mais la qualité dépend de la quantité du dépôt (entre 5 et 15 microns).

– La dorure à la mixtion : Plus propice aux pièces de grandes dimensions ou inamovibles, cette méthode use également de feuilles d’or. La pièce à préparer est enduite avec de l’huile de lin siccativée à 150°C et d’un sel métallique (manganèse ou plomb). Au contact de l’air, l’huile s’oxyde, se réticule et devient légèrement poisseuse: on dit qu’elle est “amoureuse”. Les feuilles d’or sont alors appliquées sur la surface. Ce procédé donne une dorure moins éclatante et plus fragile, c’est pourquoi il n’est utilisée que sur les éléments d’architecture hors de portée des chocs et rayures.

– La dorure par friction et sous vide : Plus simple, ce procédé primaire consiste à gratter une pépite d’or sur le métal chaud. Le dépôt qui s’incruste à la surface est moins uniforme que pour les autres procédés. Il a néanmoins été perfectionné en projection sous vide. Cette méthode est utilisée surtout pour de faibles dépôts, comme sur les visières des cosmonautes ou des pompiers. L’épaisseur de la dorure ainsi déposée est inférieure au micron.

– La dorure au vernis ou mise en dorure d’or : Moins une dorure qu’un « effet doré », cette méthode consiste à appliquer un vernis jaune sur le métal chauffé. Cette méthode est peu pérenne, car le vernis craquelle, et le métal finit par s’oxyder. Une autre méthode du même nom consiste à plonger la pièce dans de l’acide, avant d’appliquer un vernis protecteur.

→ voir les entrées Doreur et Ciseleur pour plus de précisons sur les métiers.

→ Pour plus de précisions sur ces techniques, nous renvoyons à l’ouvrage de Pierre Verlet sur les bronzes dorées, à l’encyclopédie de Diderot et d’Alembert, ainsi qu’au site de Gilles Perrault, qui sont les trois références de ces informations.

Matage: La pièce, une fois dorée, est retravaillée par le doreur ou par le ciseleur afin de créer des effets de matière, en polissant certaines parties et en travaillant au rifloir, au grattoir ou à la gougette les autres. Une autre méthode de matage, qui apparaît à la fin du règne de Louis XV, consiste à appliquer un mélange de sels nommé mat sur certaines partie de la pièce, que l’on chauffe avant de la rincer. Pierre Gouthière (1732-1813) perfectionnera beaucoup cette technique.

Brunissage : A l’instar du matage, le brunissage met en valeur les volumes et les détails de la pièce après la dorure. L’or en dépôt est écrasé avec un brunissoir pour obtenir sur les reliefs des reflets lumineux.

Mise en couleur de l’or: La dorure, suivant les techniques et l’or choisit, offre une gamme chromatique très variée. La mise en couleur de l’or permet de changer la couleur d’une dorure. Ce procédé est peu documenté, et souvent propre à chaque artisans. Pierre Verlet évoque « un feu chargé de divers ingrédients destinés à patiner quelque peu ou à altérer très superficiellement la couleur ou le brillant de l’or du bronze, ingrédients tels que chiffons graisseux, papiers chargés d’encre d’imprimerie, os, herbes, levures ». L’encyclopédie de Diderot et d’Alembert parle quant à elle de  » faire tremper l’ouvrage dans une décoction de tartre, de souffre, de sel et d’autant d’eau qu’il en faut pour le couvrir entièrement, et de le laisser jusqu’à ce qu’il ait acquis la couleur qu’on désire, après quoi on le lave dans l’eau froide ». Cette étape est néanmoins indispensable. Les mémoires du Marquis de Marigny, directeur des bâtiments du roi sous Louis XV, racontent que le roi avait remarqué lors des travaux du cabinet intérieur du château de Versailles que la dorure des boiseries et celle des bras de lumière n’était pas accordé. Cette anecdote illustre l’importance donnée aux accords de ton des dorures dès cette époque.

Argenture: L’argenture est le pendant en argent de la dorure. Les méthodes utilisées sont identiques. Cette finition est très en vogue dans la première moitié du règne de Louis XV, avant de réapparaître sporadiquement sous Louis XVI. Néanmoins on récence également à cette époque des dés-argenture de bronzes afin de les dorer. En effet, l’argent s’oxyde à l’air et résiste moins bien au temps que l’or (ce qui n’est plus le cas avec les méthodes contemporaines).

→ Voir l’entrée dorure pour le détail des techniques

Fonte : La fonte est une technique consistant à chauffer un métal pour le rendre liquide, afin de lui donner une forme définie. Beaucoup de paramètre sont à prendre en compte : les métaux ont des seuils de fonte différents , le moule de coulée (l’étain est par exemple coulé dans des moules réutilisables en bronze ou en acier, en raison de son degré de fusion bas), la forme la pièce à fondre (si cette dernière est trop complexe, la pièce est fondue en plusieurs morceaux), etc. La fonte nécessite l’existence d’un modèle, soit sculptée pour la pièce, soit issue d’un surmoulage. Le modèle est généralement en plâtre, bien que de nos jours l’élastomère soit beaucoup utilisé. Une fois le moule terminé, le fondeur-mouleur peut avoir recours à différentes techniques.

 

• Fonte au sable : Le mouleur-fondeur prépare d’abord un moule à la bonne dimension, c’est à dire la chape et le creux qui serviront à couler le bronze. Le moule en bois (en deux partie) et le modèle sont pulvérisé de charbon afin que le sable n’accroche pas, puis le modèle, inséré dans un premier moule, est couvert de sable que l’on tasse à l’aide de divers outils (racloir, batte, etc.). On retire ensuite le modèle du sable et l’on reproduit le procédé sur la deuxième face du modèle avec la seconde partie du moule. Le sable ayant pris l’empreinte du modèle est séché, puis les deux parties du moule sont jointes. Le mouleur-fondeur verse ensuite le métal en fusion dans le moule. Cette méthode est industrialisé depuis de le milieu du XIXème siècle. Notons que les pièces de grandes dimensions sont généralement fondus avec un noyau en sable (ce qui rend la sculpture creuse) afin d’utiliser moins de métal.

• Fonte à la cire perdue : Dans un moule en creux réalisé à partir du plâtre original, le mouleur-fondeur coule de la cire et obtient une réplique du modèle. Lorsque la cire a durci, un « moule de potée » réfractaire (résistant à la chaleur) est créé autour, directement sur l’épreuve (ce qui donnera au métal son aspect extérieur). L’épreuve en cire est entourée d’un réseau de conduits (les « jets » permettent de couler le bronze dans le moule, les « évents » servent à évacuer l’air et les gaz et les « égouts » permettent l’évacuation de la cire fondue). Le « moule de potée » contenant l’épreuve de cire est ensuite mis au four. Le four est chauffé à basse température afin de faire fondre la cire. Une fois la cire évacuée du moule grâce aux conduits, on monte la température du four et le métal en fusion est introduit par l’intermédiaire des conduits dans l’espace laissé libre. Lorsque le bronze a repris sa consistance solide, le moule est cassé. Ces opérations peuvent être répétées à partir du premier moulage en plâtre, permettant l’édition de multiple.

• Fonte sous vide : Un moule en creux est produit à partir du modèle initial puis le moule est placé sous vide grâce à des caissons sur mesure. Le métal en fusion est ensuite inséré grâce à un conduit. Le moule étant sous vide, le métal occupe tout l’espace du moule. Une fois l’ensemble refroidi la pièce est extraite du moule.
• Fonte industrielle pression : A l’instar de la fonte sous vide, un moule en creux est produit à partir du modèle initial, généralement en métal, puis le moule est placé sous vide grâce à des caissons sur mesure. Le métal en fusion, sous pression, est ensuite inséré grâce à un conduit dans le moule. Cette méthode, réservée à la production industrielle, permet une production rapide et en grande quantité.

Une fois la fonte terminée, la pièce est décochée ou démoulée (contrairement au démoulage, le décochage entraîne la destruction du moule). Ensuite la pièce est ébarbée afin de débarrasser l’oeuvre de tous les excédents de métal qui la recouvrent (notamment les conduits). Par la suite le ciseleur retravaille la pièce. Si la pièce a été divisée, il fait ensuite effectuer un montage par soudure.